Déclaration de Jonathan Denis aux membres de l'ADMD
Chers amis de l’ADMD,
À l’heure où le travail parlementaire entre dans une phase décisive, je souhaite vous rendre compte, une nouvelle fois, de nos actions et des choix stratégiques que nous faisons en votre nom.
Cet engagement est d’abord un devoir de transparence. Les ressources que vous nous confiez — par votre adhésion et par vos dons — sont le socle de notre capacité d’action. Elles traduisent une fidélité et une générosité constantes au service de celles et ceux qui, en fin de vie, sont les plus exposés à la souffrance et au silence. Ne bénéficiant pas de l’argent public ou de celui d’organisations privées, notre seule boussole est l’intérêt général.
Le 11 mai prochain, le Sénat examinera en séance publique, en deuxième lecture, la proposition de loi sur les soins palliatifs, consensuelle, que nous soutenons, et celle relative au droit à l’aide à mourir, qui demeure âprement combattue. L’opposition au principe même de l’autodétermination reste forte et organisée.
Il est désormais clair que le droit à l’aide à mourir qui pourrait être adopté par le Parlement — probablement à l’été — restera éloigné de l’ambition que nous portons depuis quarante-six ans. De nombreuses situations de fin de vie continueront d’en être exclues, notamment celles liées aux maladies neurodégénératives. Nous le savons : cette loi, si elle constitue une avancée, ne mettra pas fin aux injustices ni aux drames que nous dénonçons depuis des décennies.
C’est pourquoi l’ADMD agit, sans relâche.
Notre pôle affaires publiques et communication intervient quotidiennement auprès des parlementaires, en leur fournissant analyses et argumentaires, et en assurant la présence de notre parole dans le débat public. Cette action, indispensable, reste difficile face à des forces disposant de moyens financiers et d’influence considérables. Elle se prolonge déjà par un travail d’anticipation : la rédaction des décrets d’application à venir et la préparation du plaidoyer post-loi, nécessaire pour défendre les acquis et élargir les droits.
Dans le même temps, notre pôle solidarité et entraide poursuit son action auprès des personnes confrontées aux situations de fin de vie les plus douloureuses. Dans le strict cadre légal en France, et par des médiations d’accompagnement en Belgique, il soutient celles et ceux qui n’ont souvent plus le temps d’attendre. Il prépare également, dès à présent, les dispositifs d’accompagnement qui seront indispensables après la loi : formation des soignants, information des patients, accompagnement des proches, égalité territoriale et égalité d’accès au droit.
Sur tous ces fronts, les équipes de l’ADMD travaillent en lien étroit avec nos commissions Soignants et juridique ainsi qu’avec nos délégations territoriales, toutes animées exclusivement par des bénévoles engagés. Leur expertise et leur constance sont une force discrète, mais décisive.
En écrivant ces lignes, je pense à celles et ceux qui nous ont précédés au sein de l’ADMD. À celles et ceux qui, faute de loi, ont dû chercher seuls des solutions pour éviter des agonies interminables. Plus encore, je pense à celles et ceux qui n’avaient ni les moyens, ni les réseaux, ni la force physique pour échapper à des fins de vie douloureuses.
Comme président de l’ADMD, je mesure les obstacles qui demeurent. Je mesure aussi le travail encore nécessaire pour que chacune et chacun puisse, un jour, décider librement et en conscience des conditions de sa propre fin de vie.
Votre fidélité nous porte.
Votre soutien renforce nos convictions.
Votre confiance nous honore.
Pour vous,
Jonathan Denis
Président de l’ADMD

